La manière islamique de "célébrer Halloween".
Traduction et adaptation libre d’un post de Mohammed Faris.
Entrez aujourd’hui dans n’importe quel magasin : vous y verrez des squelettes de toutes formes et de toutes tailles, des pierres tombales ornées de jeux de mots, des fantômes phosphorescents aux sourires forcés.
Bienvenue dans la saison d’Halloween — celle où la mort est transformée en divertissement.
Les gens déguisent leurs enfants en fantômes ou en zombies, décorent leurs maisons de fausses tombes et dépensent des milliards pour rendre la mort « amusante » ou « effrayante », au lieu de ce qu’elle est vraiment : inévitable, transformatrice et digne de méditation.
Halloween n’est en réalité que le symptôme d’un malaise plus profond : une culture qui fuit la mort ou la tourne en dérision pour ne pas y penser sérieusement. La société est si mal à l’aise avec la mort qu’elle en a fait une plaisanterie.
Cet article n'est pas là pour dire si Halloween est halal ou haram, mais pour attirer votre attention sur cette tendance à éviter le rappel de la mort — ou à s’en moquer — et sur ses effets sur nos priorités et sur la barakah dans nos vies.
Nous vivons à une époque où des industries entières existent pour nous aider à ne plus penser à la mort : Produits anti-âge, maisons de retraite qui isolent les anciens, hôpitaux où la mort se déroule derrière des portes closes.
Mais l’islam nous enseigne : « Rappelez-vous souvent de la mort ».
Le Prophète ﷺ a dit :
« Rappelez-vous fréquemment de celle qui détruit les plaisirs (c’est-à-dire la mort). » (Ibn Mâjah)
Cette idée peut sembler morbide à notre esprit occidental, mais il ne s’agit pas de sombrer dans la peur ou la tristesse, bien au contraire... Il s’agit d’y voir clair sur ce qui compte vraiment.
Quand on se souvient de la mort comme d’une réalité inévitable et non d’un spectacle, tout change :
- Nos priorités deviennent plus claires : la dispute avec son conjoint paraît dérisoire, la rancune inutile, la promotion tant convoitée perd de son importance.
- Nos intentions se purifient : quand on sait que ce jour pourrait être le dernier, on ne se demande plus « qu’est-ce que j’y gagne ? » mais plutôt « comment plaire à Allah ? ».
- La productivité prend un sens spirituel : il ne s’agit plus de « faire plus », mais de « faire ce qui a du sens ».
Le souvenir de la mort n’est pas morbide : il libère le serviteur d’Allah.
Comment le souvenir de la mort apporte de la Barakah
Lorsqu'on a conscience que l'on va mourrir, on sème des graines de bonnes actions avec le tawakkul (confiance) en Allah, qui en fera pousser les fruits même si l'on n'en voit pas la récolte.
Lorsqu’on se rappelle de la mort, on honore ses parents de leur vivant, on investit dans le caractère de ses enfants, on pardonne plus vite et on met son ego de côté. Lorsqu’on se rappelle que l’on mourra un jour, on est honnête dans son travail, on agit avec ihsān, on traite les gens (même ceux que l'on n’aime pas) avec justice.
Lorsqu’on se rappelle que l’on mourra, on réalise que le temps est limité et on cesse de le gaspiller. On cesse alors de remettre la lecture du Coran à plus tard ou de scroller indéfiniment sur son téléphone, et on commence à vivre en pleine présence, conscient que chaque instant peut être le dernier.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Lorsque l’homme meurt, ses actions cessent, sauf trois : une aumône continue, un savoir utile, ou un enfant pieux qui prie pour lui. » (Muslim)
Quelques moyens sains de se rappeler la mort
- Assister régulièrement aux prières funéraires.
Même si tu ne connais pas le défunt, va prier pour lui : cela te rappellera ta propre fin. - Contempler la mort chaque semaine.
Après le Jumu‘ah ou dans un moment de calme, imagine ton propre départ : Que seront tes dernières paroles ? Qui lavera ton corps ? Que sera ta première nuit dans la tombe ? Puis demande-toi : que dois-je changer aujourd’hui ? - Préparer un dossier “au cas où je meurs”.
Écris ton testament, note tes mots de passe, facilite la vie de ceux que tu laisseras derrière toi. - Parler naturellement de la mort en famille.
Discuter de ses souhaits, de sa volonté médicale ou financière n’est pas morbide, c’est une preuve de sagesse.
À l’approche d’Halloween, voyons-la autrement : non pas comme une fête inoffensive, mais comme le signe d’une société qui rit de ce qu’elle redoute le plus.
Notre tradition, elle, honore la mort sans la craindre, s’en souvient sans en être paralysée, et en fait un moteur pour vivre pleinement et avec sens.
Qu’Allah ﷻ nous accorde un souvenir sincère de la mort, une belle fin, et des œuvres qui continuent à porter fruit même après notre retour vers Lui. Âmîn.